Retours sur une manifestation d'unité syndicale qui a finie en jus de boudin ou retour sur une action qui aurai pu être exemplaire!

Publié le 25 Janvier 2013

Le 8 novembre 2010 une grande mobilisation de blocage des abattoirs de Bigard avait lieu, avec pour objectif de partager une partie des marges des abatteurs vers les éleveurs.

La FNB de Pierre Chevalier était à l'origine de cette mobilisation. Cette idée nous plaisait bien à nous les paysans Confédérés et aussi à ceux du Modef, mais bien sur, la grande maison, n'avait pas besoin de nous.

Pourtant en Corrèze un grain de sable allait changer la donne et permettre aux paysans Confédérés et à ceux du Modef d'entrer dans l'action. En effet une information, informe Philippe Revel que les camions arriveront beaucoup plus tôt que prévu et seront déchargés avant l'arrivée des troupes de la FDSEA. L'opération est facile à comprendre, le directeur de l'abattoir veux rentrer le maximum de marchandise pour faire travailler ses gars pendant le blocage, pensant que, de toute façon, on allait pas rester là bien longtemps.

Après avoir informé le bureau de la conf' et nous être consulté il est décidé de prévenir Tony cornelissen. Philippe lui propose que l'on soit associés à l'action de blocage.

Dans un premier temps Tony paraît favorable à cette collaboration, le rendez vous est pris pour être présent le matin à 5h avant l' arrivé des gars qui doivent décharger les camions.

Mais entre temps ( la nuit porte conseil)( un mauvais conseil cette fois-ci) il décide de mener une opération commando afin d'arrêter les camions à la sortie de l'autoroute. Cette opération, mal préparée, vaudra à Tony quelques jours d'hôpital, après avoir failli être écrasé par un des chauffeurs qui, ne comprenant rien à ce qui était entrain de se passer, fait une mauvaise manœuvre et manque de l'écraser.

Quand à nous, à l'heure dite nous sommes présent sur le plateau de déchargement des camions. Un frigo est là près à être vidé, le deuxième nous ne le verrons pas il a été consigné par la police, c'est celui de l'accident. Nous sommes un peu étonné de ne voire aucun membre de la fédé, mais nous, nous sommes présents et bien déterminés.

Il fait froid en ce jour du 8 novembre, un tas de palettes fera l'affaire, pour se réchauffer un peu, un feu est aussi tôt allumé cela met un peu de lumière dans la grisaille car il fait encore bien nuit.

Sur ces entres faits la gendarmerie vient nous rendre visite. C'est là que les gendarmes nous apprendrons les exploits de Tony et de ses mercenaires. Cette information ne nous fait pas plaisir, car un collègue est accidenté et en même temps nous avons conscience que l'idée était, de court circuiter l'action commune décidée la veille.

En attendant pour nous occuper nous décidons de faire le tour de l'abattoir, bien nous en prend car il y a une autre entrée pour les animaux vivants, d'ailleurs les camions ne tardent pas à arriver. Les négociants ont étés prévenus de livrer plus tôt que d'habitude . L'entrée sera barrée en attendant la décisions que nous devons prendre : soit les laisser entrer, soit leur demander de retourner chez eux. Après réflexion il est décidé de les laisser entrer car nous pensons que ce sera encore les éleveurs qui auront à payer les pots cassés. Il y aura beaucoup de camions d'animaux vivant.

A 8 heure, comme prévu les collègues de la fédé commencent à arriver les discutions se passent bien et ils n'ont pas l'air surpris de nous voir là. Entre temps d'autres collègues du Modef et de la conf' sont arrivés pour nous porter le casse croute car, avec le mauvais temps qu'il fait ce jour là, il faut bien ça pour tenir le coup. Mais fur et à mesure que les gars de la fédé arrivent on voit qu'on ne boxe pas dans la même catégorie. Ils commencent à monter un chapiteau pour se mettre à l' abri, un gros engin de terrassement arrive avec plusieurs tracteurs et des bennes. De La terre est déposée sur la route pour barrer le chemin, cela donne l'impression que ce blocage est parti pour durer.

Un peu après 8h Mr Marioneau le directeur de l'abattoir vient à notre rencontre, il n'est pas content du tout mais il engage quand même les discutions avec nous. De toutes façon il sait très bien que ce n'est pas à Egletons que les choses se décident, mais si le blocage se passe bien ce sera bon pour l'abattoir, d'autant que nous avons déjà cédé sur les animaux vivants, mais nous ne cèderons rien jusqu'au soir sur les camions frigo qui retourneront en Espagne.

Avec l'arrivée des gars de la fédé les troupes se sont bien étoffées et les discutions vont bon train, il y a guère d'occasions où nous pouvons discuter comme cela entre nous sans intermédiaire, il en ira autrement avec l'arrivée des responsables chevalier, Violet et consort à partir de ce moment les discutions ne seront plus possible et l'accès au chapiteau nous sera fermée et il nous sera interdit de participer aux négociations ni au rendu de Pierre Chevalier, on apprendra les résultats par les gars, à la sortie. Levée des blocages dans tous les abattoirs et un accord à minima sur les prix. Nous regarderons partir le camion vers L' Espagne avec son chargement de quoi au juste ? Ça avait l'air de ressembler à des taurillons!!! et nous repartirons chez nous avec Un sentiment de trahison tout militant confondu.

Jean-Marie Tronche

Rédigé par Confédération Paysanne / MODEF

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